Patrimoine

Personnalités Locales

Jules COLMART

En pièce jointe, la biographie de Jules COLMART.

Léon BUIRETTE

En pièce jointe, la biographie de Léon BUIRETTE rédigée par les Amis du Vieux Suippes.

Noël CAMARD

Monsieur Noël CAMARD, est né à SUIPPES, le 25 Mai 1908, dont ses parents étaient de professions commerçants.

Après avoir fait de brillantes études, il devient l’un des rares aviateurs mariniers (ils seront que 6 au total) en France.

Il sort de l’Ecole Navale promotion 1927. Puis passe le brevet de pilote de l’aviation maritime le 04 Novembre 1932.

C’est lorsque qu’il est affecté en Juillet 1935 à Brest, que sa carrière prend un vrai tournant, sur le sous-marinier « LE SURCOUF », pour piloter un hydravion léger de 650 kilos à vide et 1500 kilos en pleine charge, il peut décoller sur une courte distance à vitesse de 70 km/h.

Ce sous-marin est alors le plus gros du monde entre ces 2 guerres.

Lancé en 1931 depuis l’Arsenal de Strasbourg, il fait 110 mètres de long, pour un poids plongée de 4218 tonnes.

Sa particularité réside dans sa partie haute nommée « KIOSQUE », avec à l’avant une tourelle double de 203 mm.

A l’époque, les radars n’existent pas encore et les canons du « SURCOUF », portent sur 27 kms.

Lorsque le sous-marin est en surface, l’hydravion sert à donner des indications de tir et d’effectuer des missions de surveillance.

Avion de reconnaissance, il n’est pas armé. Lors de son immersion, l’hydravion est logé dans la partie arrière du kiosque d’un diamètre de 1,80 m.

C’est un véritable mécano pour le monter et le démonter.

Voila pourquoi, les raisons bien particulières et très rares de l’appellation « aviateur sous-mariniers ».

L’apparition des radars fait disparaître les hydravions de reconnaissance et le « SURCOUF », fût coulé par méprise dans la nuit du 18 au 19 février 1942, par un navire américain, qui l’avait pris pour un bâtiment japonais.

Cents vingt-six marins y trouvent la mort.

Après la Seconde Guerre Mondiale, Monsieur CAMARD, alors Capitaine de Frégate décide d’arrêter sa carrière dans la marine nationale et choisit donc un poste à responsabilité dans une grande entreprise, grâce, à son niveau d’ingénieur diplômé E.N.

Monsieur CAMARD est décédé en 1999, à l’âge de 91 ans.

Geneviève DEVIGNES

L’auteure, Geneviève DEVIGNES, est née le 17 Février 1890 à Suippes, où son père occupa la fonction de Notaire de 1897 à 1900. En 1900, elle suit ses parents qui s’installent à Paris, mais reste néanmoins très fidèle à Suippes. Toute sa vie, Geneviève DEVIGNES gardera un profond attachement à sa localité et à ce terroir de Champagne qui l’a vue naître.

Lauréate de l’Académie Française en 1924 pour son oeuvre «  Livre de Suippes », elle consacra sa vie à la littérature, la poésie, au théâtre, à la peinture, au folklore, à l’histoire, au régionalisme. Durant chacune des deux guerres mondiales, elle s’est distinguée comme infirmière militaire volontaire. Elle vécut ses dernières années à Sainte-Ménehould, où elle mourut le 19 septembre 1983, peignant et écrivant jusqu’aux derniers moments. «  Ce livre, dit-elle, je l’offre à Suippes lui-même, mon pays, en témoignage d’affection…

Trouvant Suippes beau, magnifiquement beau, son passé débordant d’intérêt, en toute sincérité, sans l’ombre d’une fausse honte, ni de snobisme, je l’ai étudié consciencieusement dans le silence de mon âme, pour le reproduire intact, comme j’aurais travaillé d’après le modèle vivant dans la tièdeur de l’atelier », écrivait Geneviève DEVIGNES qui était restée très attachée à sa commune natale.

Histoire

Située au cœur de la Marne, Suippes est une ville à la campagne, verdoyante et riche d’un patrimoine historique exceptionnel. Notre commune, dont tous les Suippases et les Suippas peuvent être fiers, accueille de nombreux équipements et commerces qui permettent de passer un séjour alliant découverte culturelle, détente et balade.

Située au carrefour de deux grands axes de circulation, Rouen / Metz et Sedan / Nevers, la Ville de Suippes s’est construite autour de la rivière qui la traverse, au cours d’une histoire militaire particulière. Touchée par les deux grands conflits mondiaux, Suippes accueille un camp militaire de 13 500 hectares occupé par trois régiments. Soucieuse de la préservation du devoir de mémoire, la commune veille à perpétuer l’histoire de son territoire, notamment à travers le Centre d’Interprétation Marne 14-18, les cimetières militaires, le Monument aux Morts et le Monument des Caporaux fusillés de Souain.

La richesse du territoire est aussi celle de son patrimoine historique : l’église Saint Martin, du XVème siècle, dans laquelle on peut admirer une statue en bois représentant le Christ de Pitié, toutes deux classées au titre des Monuments Historique. L’église Saint Martin abrite également un orgue de tribune, qui permet d’offrir de magnifiques concerts à l’ensemble de la population et des visiteurs. Terre d’histoire, la Commune a la chance de disposer, au sein de l’Hôtel de Ville, d’une collection archéologique Counhaye composée de plus de 400 objets.

Ville fleurie depuis 2011, Suippes dispose d’un charme et d’une tranquillité très appréciables. Le parc Buirette, dont les 95 000 m² ont été récemment revalorisés, offre des promenades et des moments de détente notamment grâce aux 400 espèces d’arbres différentes, à la rivière qui le traverse et aux aménagements sportifs et ludiques, notamment un parcours d’orientation accessible à tous. Ce parc est intégré à une balade fleurie qui permet de découvrir la ville, et notamment l’ensemble de ces points remarquables.

L’activité à Suippes est également particulièrement développée grâce aux nombreux commerçants et services qui existent, et notamment la piscine, la médiathèque et les 40 associations qui offrent de multiples activités.

La belle journée ensoleillée d’il y a 80 ans a laissé les habitants sous le choc, endeuillés, avec des victimes civiles et militaires.

Post-bombardement

Aujourd’hui, dimanche 10 mai 2020, à 17h30 une gerbe sera déposée, en comité restreint en appliquant les gestes barrière, à la stèle en mémoire des défunts du 10 mai 1940.

Le printemps 2020 restera dans les mémoires, c’est une évidence. N’oublions pas que celui qui l’a précédé voilà 80 ans, mérite aussi qu’on s’y attarde un peu.

Cette journée du 10 mai 1940 a été marquée par le décès de quarante-quatre victimes civiles et trente militaires. Dans la mémoire des rescapés, elle est gravée pour toujours. L’association « Les Amis du vieux Suippes » souhaite rendre hommage aux quarante-quatre victimes civiles et trente militaires tués ce jour-là. Ils ont d’ailleurs fait paraître un ouvrage, « Suippes, 10 mai 1940 », préfacé par Hervé Chabaud, à ce sujet.

Dans le ciel de Suippes, les habitants contemplent ces avions « brillants comme des poissons d’argent au zénith »

Tous évoquent cette belle journée de printemps, son ciel bleu et ces avions « brillants comme des poissons d’argent au zénith », que les habitants observent « croyant à quelques manœuvres de notre aviation dans le soleil de fin d’après-midi. »

Il est 17 heures, c’est le vendredi 10 mai, « mois de Marie » et les cloches appellent à une cérémonie « afin de prier pour la France et les soldats ». Les enfants qui vont faire bientôt leur communion y sont conviés.

La Maison Godart

L’horloge du clocher s’est figée. Il était 17h25. L’apocalypse

Moins d’une demi-heure plus tard (l’horloge du clocher s’est figée à 17h25), c’est l’apocalypse. Ces points lumineux sont en fait des avions allemands qui bientôt déversent leurs bombes sur le centre-ville. Durant plus d’un quart d’heure, une éternité pour les survivants, 270 bombes de cent kilos seront lâchées faisant soixante-quatorze victimes et une centaine de blessés, laissant des familles brisées, des individus marqués à vie.

En sortant de sa maison, le pompier Senart observe, éberlué : « La ville est couverte d’une épaisse couche de fumée brune… En arrivant sur la place, le spectacle est lamentable, toutes les maisons criblées d’éclats, plus un seul carreau aux fenêtres, tout est bouleversé, un camion et plusieurs voitures en flammes, des cadavres un peu partout et les cris des blessés… presque personne dehors sauf quelques pompiers se rendant à leur poste. »

Trente-trois familles endeuillées dont sept ont perdu de deux à quatre des leurs. Quatorze femmes, quinze enfants (onze avaient moins de 11 ans), quinze hommes, trente militaires ont désormais leurs noms sur la stèle commémorative érigée en 2018 au centre du cimetière civil et pour la plupart sur le monument aux morts de la ville.

Commémoration

« Je crois que ce jour-là a marqué la fin de mon enfance »

Ils sont plusieurs à se souvenir, à témoigner de cette horrible journée, comme Denise Boutevillain qui citait souvent ce souvenir (la phrase de morale écrite ce matin-là) : « Notre drapeau est connu partout comme l’emblème de l’honneur et de la liberté ».

Janine Labey, quant à elle, termine ainsi son récit : « Je pense souvent à tous ceux qui ont été tués, aux enfants de mon âge… Je crois que ce jour-là, a marqué la fin de mon enfance. »

Extérieur de l’église – Post-bombardement

Dans les heures et jours qui suivirent, les Suippas se réfugièrent aux alentours redoutant de nouveaux bombardements. Puis, à l’annonce de l’avancée allemande, ce fut, comme pour tous les habitants du nord de la France, l’exode, l’évacuation, encore une période difficile que l’on peut partager dans la chronique journalière de l’Union.

Albert Hidalgo, lui, avait 10 ans. Il nous livre son poignant témoignage de cette journée qui l’a laissé orphelin de mère

« Vendredi 10 mai 1940 ! Belle journée printanière, ensoleillée, malgré la guerre déclarée depuis plusieurs mois. Je suis avec un copain aux Casernes en quête de nourriture pour le cochon. Bref, une journée presque ordinaire ! Soudain, vers 17 heures, dans le ciel bleu apparaît une formation d’avions brillants marqués de croix noires, je n’oublie pas ! Les avions passent par vagues, sans bombarder le camp, Un long moment de frayeur…

Les avions poursuivent leur chemin, nous entendons au loin les explosions et la mitraille. Mon camarade et moi, nous abandonnons notre charrette et courons à toutes jambes vers Suippes… où l’horreur et la désolation nous attendent. Arrivés sur place c’est l’effroi ! les décombres, l’église endommagée. Nous nous précipitons vers notre rue parmi les démolitions, les branches arrachées et plusieurs cadavres sur la chaussée ! Notre maison est touchée, éventrée. Ma mère et mon petit frère, très grièvement blessés à l’intérieur sont inconscients…

La panique est à son comble et la détresse également ! Des militaires et des civils accourus, regroupent les corps d’Yvette Florion, de la famille Parzibut nos voisins et de tant d’autres, réconfortant les familles. Maman et Michel, compte tenu de l’importance de leurs blessures seront orientés vers l’hôpital de Reims où ils décéderont peu après. Nous nous retrouvons autour de papa au presbytère, désemparés remplis d’un immense chagrin.

Quelle désolation ! Bien des questions se posent alors sur cette journée fatale ! Cette attaque : contre qui ? contre quoi ? Bien des propos circulent, sans réponse pour autant ! ». Ce témoignage d’Albert Hidalgo, un Châlonnais, est tiré de l’«additif » au livre Suippes 10 mai 1940, rédigé il y a deux ans.

Article de l’Union en ligne le 10/05/2020
De notre correspondante Christiane Clément

Ces épidémies que Suippes a subies à partir du XVIe siècle

Le confinement et les parutions d’articles historiques sur les épidémies ont incité notre correspondante locale de presse, Christiane Clément, à quelques recherches sur Suippes. Elle est allée consulter les archives d’état civil pour y constater le nombre de morts pour chacun d’elles. Notre correspondante est aussi tombée sur l’ouvrage de Geneviève Dévignes, qui dans son livre de Suippes « Assi nous », datant de 1924, indique plusieurs épisodes d’épidémies. Voici quelques extraits.

  • En 1526, le 21 août paraît un édit interdisant aux Chalonnais de fréquenter les foires de Suippes à cause de la peste qui règne. Défense réitérée le 9 janvier 1542.
  • En 1762, la peste noire jette la détresse et donne la mort à plus de cent personnes.

« Un drapeau noir, lugubre, pèse sur le clocher pour avertir les voyageurs à l’approche de la ville sinistrée. De grands feux sont allumés dans les rues. Les remparts, élevés au temps de la Ligue, sont rasés (sud- est et partie ouest) par mesure sanitaire. »

Le choléra morbus

Mais l’épisode le plus détaillé, dans cet ouvrage, reste le choléra morbus de 1854.

On y lit. « Début Juin 1854, le choléra morbus est apporté à Suippes par un messager. L’épidémie fait d’effrayants ravages. Plus de 600 personnes sont malades à la fois. On compte huit à neuf enterrements par jour. »

Selon les habitudes de l’auteur, elle agrémente par l’anecdote suivante

« En ouvrant les persiennes, au matin, on se penche dans la rue, et, de fenêtre en fenêtre, on s’enquiert de ceux qui vivent encore. Malgré la circonstance, on plaisante quand même.

– Eh ! Cadet ! Dôre-tu ?
– Si je n’ dourmoi , qu’esce tu m’ vouroi ?
– Beh ! j’ voudroi savoir si t’étoit môre !
– Tais-tu maneu , tou n’ serois p’ t’ ête pu si rétu ta l’heûre…. »

Elle précise aussi, « vers la fin d’octobre, le choléra se changea en flux de sang. Cent quatre-vingt personnes avaient succombé ».

Sur l’état civil de Suippes

Le confinement actuel et l’état civil en ligne ont incité les curieux d’histoire locale à vérifier ces données.

Les registres de l’année 1854 font état de 205 décès dont 159 sur les trois mois de août, septembre et octobre avec respectivement 58 ,61, et 40 déclarations.

128 patronymes apparaissent avec pour certains trois, quatre voire cinq membres. Il était bien tentant de savoir si des tombes abritant ces dépouilles étaient encore visibles.

Dans le cimetière

Avec le concours du responsable du cimetière et président des Amis du vieux Suippes, Jean-Noël Oudin, ce fut chose aisée.

Parmi ces victimes du choléra morbus, deux patronymes actuellement inexistants à Suippes figurent sur une sépulture située à droite de l’allée centrale (notre photo).

Etienne Dauphin demeurant rue des Trois Maillets n°34, ancien fabricant, est décédé le 8 septembre 1854 suivi deux jours plus tard par son épouse Marie Anne née Adnet à Courtisols.

Ils étaient âgés respectivement de 61 et 58 ans.

Leur fils Silas Dauphin, prêtre mariste, a fait édifier en leur mémoire un monument qui ne passe pas inaperçu. Lui-même est décédé à Toulon en 1860.

Les actes font état de plusieurs personnes décédées à l’ambulance à Saint-Jacques.

On peut remarquer que certains secteurs sont plus sévèrement touchés : la rue de l’Hôtel-Dieu, la rue Notre-Dame, l’impasse et la rue de l’Orme, les rues Saint-Cloud et Surginerie. Ce sont des rues où la population était très concentrée.

Cette épidémie balaya par cinq fois le territoire national entre 1848 et 1884, emportant les plus robustes en quelques heures, provoquant une déshydratation rapide qui conférait une cyanose effrayante du visage.

D’où le nom de « peur bleue », locution entrée dans le langage courant.

La troisième pandémie de 1854 fit jusque 143 000 morts sur l’ensemble du territoire.

Article de l’Union en ligne le 10/05/2020
De notre correspondante Christiane Clément